La vie est plus vaine une image
Que l’ombre sur le mur
Pourtant l’hieroglyphe obscur
Qu’y trace ton passage
M’enchante et ton rire,
Pareil au vif éclat des armes
Et jusqu’à ces menteuses larmes
Qui miraient le soleil
hier est mon pays
car hier c’était toi
et ton cul si joli
et tes lèvres sur moi
dans une robe noire
dans une maison rose
à Notting Hill le soir
se baiser, ça repose
cette première nuit,
la maison était pleine
nous nous aimons sans bruit
sans effort et sans gêne
je me souviens ton rire
pareil à un aveu
tu aimes, tu désires,
tu prends ce que tu veux
un été à Paris
à baiser sous les toits
et ton cul si joli
ton beau cul, plus à moi
tes larmes Île Saint-Louis
« te voir danser encore »
et tout était fini
et tu m’aimais encore
demain c’est l’Italie
contre un autre que moi
l’amour parfois finit
en trois ou quatre fois
quelquefois dans la nuit
je me lève d’effroi
en pensant à ma vie
qui s’écoule sans toi
hier est mon pays
je vis là, autrefois
Il y a des gens qui trouvent que « Houellebecq écrit mal » et qui restent fascinés par le « style puissant » de Thelyson Orelien / Claude. C’est triste de ne pas avoir le moindre sens de la beauté.
Paul Morand : « Bien écrire, c’est le contraire d’écrire bien »
Houellebecq :
J’aurais pu rendre une femme heureuse. Enfin, deux ; j’ai dit lesquelles. Tout était clair, extrêmement clair, dès le début ; mais nous n’en avons pas tenu compte. Avons-nous cédé à des illusions de liberté individuelle, de vie ouverte, d’infini des possibles ? Cela se peut, ces idées étaient dans l’esprit du temps ; nous ne les avons pas formalisées, nous n’en avions pas le goût ; nous nous sommes contentés de nous y conformer, de nous laisser détruire par elles ; et puis, très longuement, d’en souffrir.
Orelien :
C'est ce jour-là que j'ai décidé de partir, comme on arrache une dent, comme on se coupe un bras, comme on dit adieu à sa langue maternelle. J'ai décidé de fuir. Pas pour devenir riche, ni pour vivre mieux. Juste pour vivre. Point.