Vous connaissez le rapport entre
@be-BOP, the ethical sales toolbox et le blues ?
Alors, oui, le bebop, c'est un genre issue du jazz swing, c'est cousin au blues.
Mais pas que !
"Blues Boy" B.B. King, l'un des trois "King" du blues, avait un manager (Sidney A. Seidenberg) pour gérer ses contrats.
Mais pour se concentrer sur sa musique et gérer d'autres aspects pratiques de sa vie et de ses tournées, B.B. King avait déjà un Bebop en 1951.
72 ans avant le lancement de notre projet, Willis Edwards Jr. s'occupait de toute la logistique de la vie du King.
Grâce à lui, le King se concentrait sur sa musique.
On le surnommait Bebop.
On dit d'un auteur qu'il met toujours un peu de soi dans ses écrits.
Dans une vie passée, j'écrivais des livres, et je travaille toujours en informatique.
Ces deux vies me qualifiaient, mais j'en ai une troisième qui occupe le plus gros de mes journées, la musique.
Et j'ai mis beaucoup peu de cette passion dans be-BOP.
Quand j'ai conçu be-BOP sur la base du cahier des charges qui m'a été donné par Lionel en début 2023, j'avais déjà une vision en tête, avec une adhérence très forte à la musique.
Entre 2016, 2017 et 2018, entre plusieurs contrats de freelance informatique principalement dans le e-commerce, j'ai passé pratiquement 6 mois en Louisiane et au Mississippi, dans le cadre de recherches historiques et visuelles pour écrire un univers de fiction mêlant le Blues, le vaudou et la Prohibition.
J'ai principalement fréquenté 3 villes : La Nouvelle-Orléans et Lafayette en Louisiane, et Clarksdale, au Mississippi.
Clarksdale, modeste ville d'à peu près 15000 âmes, fondée en 1848, est connue dans le folklore pour être la ville où Robert Johnson aurait vendu son âme au diable à un carrefour pour apprendre la musique.
Dans l'histoire, Clarksdale a connu l'effondrement de son industrie cottonière, un tragique épisode du Red Summer of 1919, la visite d'un autre "King" (Martin Luther, en 1958 et en 1962), mais surtout la naissance et le passage de nombreux bluesmen, de Son House à John Lee Hooker, en passant par Muddy Waters, Charley Patton et "Big" Jack Johnson.
Dans le Delta Blues Museum de Clarksdale, tout proche du Ground Zero Blues Club (co-géré par l'acteur Morgan Freeman), on pouvait y trouver de passage "Lucille", l'une des guitares mythiques du fils prodigue d'Indianola.
Et, récemment, vous en avez peut-être entendu parler, de Clarksdale, voire, vous avez aperçu son voisinage : c'est là qu'ont été tournées plusieurs scènes du film "Sinners", réalisé par Ryan Coogler et sorti en 2025.
En 2017, j'ai rencontré des membres du personnel de "Visit Clarksdale", l'office de tourisme local, et une personne de l'équipe municipale.
Ces personnes m'ont confié les challenges de la ville : orpheline de son industrie, elle survivait principalement grâce au tourisme musical, véritable poumon économique qui prenait le plus gros de son oxygène lors du Juke Joint Festival, qui se déroule tous les ans en avril et qui mobilise toute la ville.
D'ailleurs, non-content d'avoir mon bouquin "Tales of the Deep South" écrit en français au Delta Blues Museum, j'étais également invité en 2020 et 2021 pour y tenir un stand. Un rêve d'enfant insoupçonné.
C'était bien ?
Aucune idée.
Deux semaines avant mon départ, un tout petit virus venu d'Asie a paralysé toute la planète, hélas... Putain de covid.
N'empêche que.
Ce qui m'avait marqué, à Clarksdale, c'était :
- le Ground Zero Blues Club, véritable Mecque musicale avec ses groupes payés au chapeau
- la timide présence de la carte bancaire, et, quand déployée dans un commerce (comme le Delta Blues Museum), ses problèmes de connexion
- ces bars où les tableaux d'artistes étaient à vendre aux côtés de leurs albums de blues
- le Shack Up Inn avec ses anciens silos à grain rénovés en bnb avec également son bar, ses concerts et ses ateliers musicaux
- ces étranges ATM à B orange de LibertyX et CoinMe ici et là
- ces musiciens comme Watermelon Slim, qui passait un jour au Ground Zero Blues Club ou au Reds et le jour d'après au Bluesberry Café, un bed'n'breakfast café bar concert
Watermelon Slim, ou Bill Homans dans le civil, c'est tout un parcours, vétéran du Vietnam, objecteur de conscience, chauffeur routier, partenaire ponctuel de John Lee Hooker, de Robert Cray ou même d'Henry Vestine (guitariste de Canned Heat).
Le "chanteur ouvrier", tel qu'on le surnommait, échappe de peu à une crise cardiaque en 2002. Il décide de dédier le reste de sa vie à sa musique, à Clarksdale, après des décennie de double, voire triple-casquette, à cumuler la musique avec ses emplois alimentaires.
Watermelon Slim rayonne surtout localement, mais finit par percer en Amérique du Nord et enchaîne les awards et les nominations. Et un jour, l'improbable : au gré d'un visiteur à Clarksdale, la musique de Watermelon Slim traverse l'Atlantique, il joue à Paris, à Londres, alors que l'Europe lui avait refusé sa carrière solo dans les années 90. C'est désormais un artiste international reconnu.

franceinfo
"Golden Boy" : Watermelon Slim, la voix de l’Amérique authentique
Avec son visage buriné et cabossé qui évoque à lui seul toute une vie, Watermelon Slim, de son vrai nom Bill Homans, re...
Autour d'une bouteille de cognac, à Clarksdale, il me confiait son offuscation face aux royalties ridicules payées par Shopify et les marges indécentes de services de vente de places de concert en ligne.
Quelque chose se connectait dans ma tête à l'époque, ça cogitait sévère.
Aujourd'hui, j'y vois mieux.
Clarksdale, c'est :
- du tips
- du pay-what-you-want
- des places de concert
- de la vente de musique
- des tickets d'événements
- de la réservation de créneau (pour les cours de musique)
- de la réservation de nuitée
- des boîtes à chaussures regroupant le cash des tips, des consommations du bar et des ventes d'album
- des collectes de dons pour les organismes tentant de faire le maintien et la promotion de la culture en ville, comme le Clarksdale Culture Capital (pour l'anecdote, c'est grâce à eux que Sinners a pu être diffusé à Clarksdale après y avoir été tourné, événement spécial car Clarksdale n'avait... pas de cinéma)
- des artistes locaux connus partout dans le monde car ceux qui ont eu la chance de les voir sur place et qui n'ont besoin qu'un peu plus de visibilité pour exploser à l'international
En fait, quand Lionel m'a présenté les fondations de be-BOP, c'est ça que j'ai eu en tête : Clarksdale.
Clarksdale, citadelle de la musique, portée par un be-BOP fédératif géré par la ville.
Chaque musicien a sa vitrine web, chaque groupe a son shop pour vendre sans intermédiaire, chaque hôtel et chaque restaurant a sa caisse, tout en pouvant proposer des réservations de créneau en ligne ou des tickets d'événement de manière autonome sans avoir à changer d'outil.
C'était une belle vision.
be-BOP existe aujourd'hui, et fait tout ça ou pas loin (on bosse encore sur la partie Fédération), mais n'est pas encore à Clarksdale.
La culture locale, c'est comme le libre et l'open-source : ça paie mal.
Au final, c'est peut-être plus à Tahiti ou à Goma qu'au Mississippi que be-BOP grandira.
Mais quand même, quand même... quelle vision, quel rêve.
B.B. King avait donc son Bebop, 70 ans avant nous.
Combien de nouveaux "King" pourraient percer au-delà du comté de Coahoma ?
A quand un be-BOP pour Watermelon Slim, Super Chikan, Lala Craig ou Steve Kolbus ?
Un jour, peut-être... j'y crois.
"Ce qu'il y a de beau dans l'apprentissage, c'est que personne ne peut vous l'enlever" - B.B. King